14 septembre 1895
Attentat contre un train




     Des enfants seraient-ils coupables de l'attentat perpétré contre un train de la compagnie Roberval-Saguenay ?   C'est la question que se posa un magistrat à la suite de l'incident du 14 septembre 1895, incident qui aurait pu devenir grave. En effet, sur le trajet du train en route pour Roberval, à huit cents pieds du grand pont à chevalet entre Jonquière et Chicoutimi, deux grosses roches, l'une de cent quarante-deux livres, l'autre de cent douze livres, obstruaient la voie ferrée.  La vigilance du conducteur permit d'éviter la catastrophe; il avait aperçu l'obstacle assez tôt pour ralentir la course du train et atténuer le choc.  (Sir Wilfrid Laurier était à bord du train.)

    Le gouvernement local eut tôt fait d'envoyer un officier de la police provinciale. Quelques enfants furent soupçonnés et conduits devant le magistrat du district.

 « Aucune preuve n'a pu être obtenue contre eux, écrivit le rédacteur du Progrès du Saguenay, et l'on reste avec la perspective que l'obstruction a été placée par quelqu'un qui était mu par des mauvaises intentions ou par un maniaque. L'électeur, qui voit politique partout et surtout qui feint de craindre que les orangistes ne fassent disparaître son chef, l'honorable Wilfrid Laurier, voit une tentative d'attentat contre celui-ci. Le même jour, M. Laurier parlait à Roberval; il devait y avoir une excursion à Chicoutimi qui n'a pas eu lieu. Une enquête qui a été faite aura ce bon côté qu'elle prouvera l'importance de l'offense commise et qu'elle fera comprendre que l'autorité est décidée à agir sévèrement si on trouve le coupable. Quant aux jeunes enfants accusés ils ne sont certainement pas coupables et ils ont été libérés ».