Faits principaux et divers de l'histoire du village.


            Val-Jalbert

            De 1900 à 1909, le village porte le nom de Ouiatchouan et la mission le nom
      de Saint-Georges de Ouiatchouan.

            En 1909, le nom du village est changé pour celui de Val-Jalbert et la paroisse
      portera aussi ce nouveau nom.

            Le 7 octobre 1915, le village de Val-Jalbert, ayant acquis un minimum de 40
      maisons habitées, s'étendant sur une superficie n'excédant pas 60 arpents, fut érigé
      civilement comme municipalité de village, selon la loi du Québec.  La population put
      donc, à partir de cette date, s'élire un maire.  M. Wellie Fortin le fut de 1918 à 1921.

            En octobre 1923, M. J-A. Lapointe (surintendant) est maire, avec comme conseillers:
       Xavier Poitras, Albert Dufour, Joseph Marcoux, Alfred Larouche et Adélard Harvey.
       En 1930-1931, Xavier Poitras est maire, et en 1932, c'est M. Émile Gagnon.

            Le 21 mars 1916, après demande faite par le conseil municipal de Val-Jalbert le
      11 février, le Lieutenent-Gouverneur de la Province accepte puisque l'on avait prouvé
      que cela ne nuirait à aucun citoyen, que tout avis, règlement, résolution du conseil
      municipal soit fait en français seulement.  Ceci était important pour les villageois , car
      autrement, tous les avis publics qui devaient être lus à la porte de l'église après la messe
      du dimanche et affichés au bureau de poste, auraient été faits aussi en anglais.

            En octobre et novembre 1918, la grippe espagnole affecte le village et une quinzaine
      de personnes en moururent.  Comme il s'agissait là d'une maladie très contagieuse, on
      leur chanta quelques prières au dehors de l'église et on se hâta de les enterrer dans le
      cimetière de la paroisse.

            En 1919, l'hôtel de Val-Jalbert, construit en 1909, est détruit par le feu.  Mais
      il est aussitôt reconstruit et peut bientôt accommoder de 35 à 40 personnes.  Il comprend
      environ 20 chambres très spacieuses, chacune a l'eau courante.  Un salon moderne a été
      installé ainsi qu'un magasin général.

            Le 17 mars 1923, le moulin est arrêté, aucune meule ne marche, manque d'eau.
      En effet, les barrages du lac des Commissaires et du Lac Bouchette, qui retiennent les
      eaux nécessaires à la marche des meules, sont à sec.  Seulement deux pieds d'eau sont
      à ce moment enregistrés à chacun de ces barrages.  La vente se continue malgré tout,
      grâce aux ballots de pulpe entassés dans la cour du moulin.  37 jours plus tard, l'usine
      est en marche avec trois meules en opération et le 26 avril, huit meules sont en activité.
      Mais après cet arrêt de la production les salaires de tous les ouvriers furent réduits de 10%.

            Le 17 octobre 1923, les ouvriers de la manufacture déclenchent une grève afin de
      discuter la question de leur salaire.  Cette grève ne dure qu'une heure, une entente ayant
      été faite aussitôt.

            Pendant cette même année la caisse populaire paie un intérêt de 9% à ses sociétaires.
      Ces intérêts se divisent comme suit: 6% sur les revenus de la Caisse Populaire proprement
      dite et 3% alloués par la compagnie, à ses ouvriers membres de cette caisse.

            Dans la première semaine de décembre 1923, le barrage retenant les hautes eaux du
      lac Des Commissaire cède sous la pression.  Cette immense masse d'eau s'abat alors
      sur la rivière.  À Val-Jalbert, on est vite averti d'une inondation  probable.  La population
      attend, anxieuse et angoissée.  Le torrent approche bientôt, arrive au haut de la chute et
      s'effondre dans un fracas ahurissant.  Les familles habitant les quelques dix maisons sur
      les bords immédiats de la rivière craignent pour leur vie et se réfugient au "deuxième village"
      (qui comprend les avenues Labrecque, Dubuc et Tremblay).  Or bientôt, les eaux menacent
      d'inonder le sous-sol de l'église et celui de l'hôtel.

            Alors, les gens du village, très confiants dans le secours du ciel, supplièrent leur curé
      de faire quelque chose pour sauver leur église.  Voyant ses paroissiens ainsi inquiets,
      M. l'abbé Tremblay les apaisa, il prit une petite statue de la Vierge et se promena sur le
      bord de la rivière, entre l'église et l'hôtel… l'eau ne monta pas plus haut.

            Aucun dégât important ne fut causé lors de cette avalanche subite d'eau.
      Seule l'une des cheminée de l'usine s'effondra.

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