Sébastien Hervet
Ancêtre des Harvey d'Amérique

Source: Le Centre de généalogie francophone d'Amérique http://www.genealogie.org/
Par Jacques Harvey 

Contrairement à la croyance largement répandue laissant croire en une origine écossaise, les Harvey du Québec (ou de source québécoise) ont pour ancêtre Sébastien Hervet, né en France dans la paroisse St-Martin de la ville de Blois, le 25 juillet 1642. 
Comme Hervé, Herveuix et Hervier, le patronyme Hervet (à l’époque on prononçait hervette) vient de «hearveu», un mot de la langue celtique bretonne. 
Sébastien était le quatrième enfant de Gabriel Hervet et de Marguerite Lorillo qui en eurent quatre autres avant la mort de Marguerite et le remariage de Gabriel. Avec ses frères aînés, François et Gabriel, il vint en Nouvelle-France entre 1660 et 1670. Il est plausible que les trois frères aient été incités à cette migration par leur soeur, Renée, épouse d’Hyppolyte Thibierge dont le métier de tanneur était très recherché dans la colonie. Avec déjà deux ou trois enfants, ce couple était arrivé à Québec au tout début des années 1660. 
Contrairement à Gabriel et Renée qui s’installèrent à l’Ile d’Orléans, Sébastien tenta sa chance dans la région de Montréal tandis que François, après quelques années, retourna probablement dans son pays d’origine car on perd sa trace en Nouvelle-France. 
Il est difficile de déterminer avec précision l’activité professionnelle de Sébastien. Qualifié de bourgeois vers la fin de sa vie, il semble avoir fait feu de tout bois. Même si, comme son père, il était potier d’étain et que le plupart des documents qui le concernent mentionnent ce titre, on a aucune preuve qu’il ait pratiqué ce métier. Plusieurs contrats le concernant parlent d’achat, de vente et de location au sujet de deux terres qu’il posséda, entre 1773 et 1883, l’une dans la seigneurie de Lachenaie et l’autre sur l’île de Montréal. Pendant une brève période il fut commerçant sur la rue St-Paul puis déménagea à Québec au milieu des années 1680. 
En 1689 il épousa Françoise Philippeau, une jeune veuve, mère de trois enfants. Le couple vécu sur la rue DeMeulle (aujourd’hui Petit-Champlain) et eut cinq enfants dont trois garçons. Le deuxième, Sébastien, sera le seul à transmettre le nom de son père car François mourut à deux ans et Jean-Baptiste, apprenti cordonnier, se noya à l’âge de vingt-ans entre Québec et l’Île d’Orléans; quand à son oncle Gabriel Hervet, il était encore célibataire lorsqu’il fut assassiné par Simon Duverger en 1675. 
Sébastien père décéda en 1714 à l’Hôtel-Dieu et fut enterré au cimetière des pauvres, probablement par humilité comme sa soeur Renée qui, à sa mort, était à la tête d’une famille aisée. Depuis quelques années il était membre de la Confrérie de Sainte-Anne et payait régulièrement son aumône. 
Sébastien fils, après avoir épousé Rosalie Tremblay de Petite-Rivière-St-François en 1722, devint, avec plusieurs de ses beau-frères, l’un des premiers colons de l’Île-aux-Coudres. 
Le patronyme Hervet avait commencé à changer à la naissance du petit Sébastien en 1795 lorsque le curé de Notre-Dame de Québec écrivit Hervé dans le registre, malgré la signature du père qui soulignait toujours Hervet d’un large trait. Plus tard, par manque de terres disponible sur la petite Ile-aux-Coudres, plusieurs descendants Hervé s’installèrent dans la seigneurie de la Malbaie. Comme c’était après la conquête et que les seigneurs Nairn et Fraser y avaient amené un grand nombre de colons d’origine britannique, les descendants de Sébastien, probablement par ignorance et peut-être un peu par opportunisme, finirent par se croire d’origine écossaise au point de se déclarer comme tel au recensement de 1871. Probablement illettrés pour la plupart on leur avait imposé l’orthographe Harvey qui prit la route du Saguenay et du Lac-St-Jean pour s’y multiplier davantage.. 
Ce n’est que beaucoup plus tard que des généalogistes furent en mesure de rétablir la vérité, une vérité qui demeure encore trop peu connue, avec la conséquence qu’on s’adresse souvent aux Harvey de chez-nous en arrondissant le «ar» .