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Document 5   De St-Jérôme à St-Émilien
18 janvier 1864:                                           Saint-Jérôme.

La paroisse de Saint-Jérôme existait depuis cinq ans lorsque le tout premier mariage du Poste eut lieu. Josephte Dufour, fille de Charles Dufour, épousa un employé de la compagnie Price, le 18 janvier 1864.

Denis Boivin, premier colon à s'établir à Saint-Jérôme, près du poste de Métabetchouan, à cet endroit qui portait ce nom et qui deviendrait plus tard Desbiens, arriva avec ses deux frères en mars 1855. Vivant surtout de chasse et de pêche, il avait défriché une parcelle de terre et cultivait un peu. Son frère Crysostôme alla finalement s'établir à Roberval. Jean hésita d'abord, et repartit, après réflexion, pour revenir s'installer près de son aîné.

D'autres familles de colons arrivèrent en 1861. Elles s'établirent dans la partie nord-est du canton Métabetchouan, suivies peu après d'une cinquième famille qui se fixa également dans ce coin. Il s'agissait des pionniers Maurice Saintonge, Jean-Marie Saintonge, Jules Boivin, Germain Marin et Joseph Morel.

La compagnie Price avait un établissement sur la rive gauche de l'embouchure de la rivière Métabetchouane depuis 1856. Quelques employés avaient installé leur famille tout près de leur lieu de travail. Parmi eux, il y avait Joseph Pruneau et Désiré Ouellet.

L'été 1862, un mouvement de colonisation amena d'autres pionniers qui s'ajoutèrent aux premiers arrivés, jusqu'à former une nouvelle paroisse du nom de Saint-Jérôme.  Ce n'est que plus tard que le territoire de la paroisse St-Émilien de Desbiens sera 
détaché de celui de St-Jérôme.  Il y eut des heurts et... quelques grincements de dents!   Nous en reparlerons.
 

Document 4: Trois événements marquants à Desbiens
1938, le centenaire du Saguenay

Au centenaire de la colonisation, il y eut des réjouissances et des célébrations. En présence de la paroisse et de Montagnais, on chante une messe au poste et le P. Marcellin, l'orateur des circonstances solennelles, prononce le sermon. 

1941, une autre fête

Les Récollets avaient tenté d'évangéliser les Indiens du Nord. Ils bouclèrent leurs efforts par un échec. En juin 1641, de Tadoussac, les Jésuites reprirent le travail. On sait les succès qu'ils remportèrent. En 1941, l'Église célébra le tricentenaire de l'événement. Les bords de la Métabetchouane eurent leur part de fêtes.

1947, le tricentenaire

En 1647, le père Jean De Quen débarquait en ce lieu dit " Métabetchouane ". En ce qui concerne la commémoration de cet évènement, Desbiens se retrouvait 300 ans plus tard au coeur des célébrations. Mgr Victor Tremblay respecta cet ordre. Un monument imposant remplaça la croix du Poste. Le 12 juillet 1947, par une température superbe, les fêtes débutèrent. Le 14 juillet un défilé dont plusieurs anciens se souviennent traversa Desbiens avec ses chars et ses parades. Jusqu'au 20 juillet, dans la coulée derrière le collège St-Gérard, sur une scène géante en plein air,  le P. Laurent Tremblay, o.m.i. fit présenter le pageant, jeu scénique qui déroulait sous les yeux des spectateurs plus trois siècles d'histoire. 

 

 Document 3:   L'étonnante histoire de Joseph Desbiens, frère de Louis
 
Joseph Desbiens (Sandy Bishop)

                                                                            Courtenay B.C. 20 avril 1939.

M. l'abbé V. Tremblay
Chicoutimi.
 

Cher M. l’abbé,
Votre lettre m’a beaucoup surpris.  Je me pensais bien oublié de tous les gens du Saguenay.  Je suis parti si jeune et il y a si longtemps que je n’entendais plus parler de chez nous, que je pensais toute ma famille disparue depuis longtemps. 
J’ai reçu une lettre de ma sœur Lumina et aussi de ma belle-sœur Mme Louis Desbiens.  Il m’a fait plaisir de savoir que je n'étais pas seul survivant de ma famille et j’espère que j’aurai le bonheur de les voir encore.
Je vous remercie sincèrement pour tous les services rendus à me procurer mon baptistaire qui m’est absolument nécessaire pour obtenir la pension que j’ai besoin dans le moment. 
J’ai reçu mon baptistaire la semaine et j’ai fait application immédiatement au gouvernement, sans doute que ça ne tardera pas à venir. 
Veuillez croire  à toute ma reconnaissance et merci.

                                                                                                 Votre tout dévoué
                                                                                   Sandy Bishop

P.S.  J’y joins aussi une petite photographie de moi prise il y a quelques jours. 
                                                                                            S. B. 
(Au verso de l’enveloppe :  From S. Bishop,
                           Courtenay,  B. C. 
                                     V. T.)
 

                                                              -----------------------------

                                                En réponse aux questions demandées.

Je suis parti de chez nous jeune avec l’idée de voyager.  J’ai été employé sur la ligne du chemin de fer quand il est arrivé à St-Jérôme.  J’ai fait connaissance et associé avec des nommés Gagnon de la Pointe-Bleue pour aller faire les travaux à Montréal.  « Eux sont retournés chez eux » et moi je suis allé aux Etats-Unis.  Je suis allé à New-York, où j’ai demeuré cinq ans à travailler dans les chantiers.  De là je suis allé en Pensylvanie où j’ai demeuré quinze ans à travailler aux chantiers aussi, ensuite je suis allé au Mississipi, toujours à la même ouvrage pour deux ans.  De là je suis allé à Chicago pour trois mois, de là au Mexico à travailler aux chantiers encore. 
Je suis retourné à Chicago où je suis resté six mois à travailler sur les tramways (electric cars) .  Ensuite je suis allé dans l’état de Washington où je suis demeuré deux ans à travailler dans les chantiers, de là j’ai décidé de m’en retourner au Canada.  Je suis venu échouer ici sur l’Isle de Vancouver à Powell River d’abord, pour trois ans à travailler sur les booms.  Ensuite je suis venu à Courtenay où je demeure depuis.  J’ai travaillé sur les booms jusqu’à il y a deux ans.  J’ai été congédié à cause de mon âge et j’ai végété depuis à travailler un jour par-ci par là. 
Je me suis marié à Nanaïmo avec Annie James, la femme que j’ai aujourd’hui, qui demeurait là à Nanaïmo dans le moment.  Nous n’avons pas d’enfants.  Je ne me rappelle pas au juste l’année que je me suis marié; il y a certainement plus de vingt ans que nous sommes mariés. 

J’ai pris le nom de Sandy Bishop quand je restais avec mon oncle Lévesque et les Anglais m’ont appelé Bishop et «Sandy» c’est mon parrain  du nom de McKenzie qui était anglais et qui m’a appelé ainsi et le nom m’est resté. 

Je n’ai jamais eu aucune aventure remarquable que je puisse me rappeler.  Je n’ai jamais été malade et n’ai jamais eu d’accident , c’est-à-dire que j’ai été assez chanceux et encore actuellement je jouis d’une assez bonne santé. Mais il en est pas ainsi de ma femme; elle est malade depuis deux ans, paralysée; elle ne marche pas depuis, elle est paralysée du côté droit. 

Je n’ai jamais retourné dans la province de Québec, j’aimerais poutant y retourner une fois avant de mourir.  Je me suis bien ennuyé dans les premiers temps que je suis parti de chez-nous.  J’ai pensé bien des fois de retourner  mais il y avait toujours des empêchements  aux derniers moments.  J’ai rencontré un nommé Gagon ici il y a quelques années.  Il a travaillé avec moi quelques temps sur les booms.  Il venait de Chicoutimi et il est retourné depuis longtemps. 

Si je n’ai pas écrit à ma famille, c’est que je n’écrivais pas moi-même et ça me gênait de demander et c’est ainsi que j’ai perdu trace, mais je pensais souvent à chez-nous, à ma mère et à toute la famille.  J’aurais bien aimé tous les voir avant de mourir, surtout ma vieille mère. 

C’est bien tout ce que je peux me rappeler du passé.  Sans doute que si je rencontrais quelqu’un de la famille ou des gens de chez nous pour jaser un peu, ça réveillerait sans doute bien des choses. 

Je vous dis au revoir et merci.

                                                                                  Votre tout dévoué,

                                                                                                 S. Bishop (Joseph Desbiens)
 
 
 
 
 

 

Document no 2 (Décembre 2001)
La rivière Métabetchouane offrait des avantages aux industries du bois.  C'est donc en 1896 que Louis Desbiens et Georges Perron y construisirent une scierie.  Le besoin de main-d'oeuvre entraîna cinq ou six familles à s'établir tout près du moulin.  Le principal client de la scierie était la "Cie Price" qui possèdait alors la plupart des chantiers forestiers de la région du Lac St-Jean et de Mistassini.

En 1900, l'entrepreneur forestier Louis Desbiens vend son moulin à Price.  Celui-ci l'agrandit et il en fait un centre d'exploitation forestière employant une main-d'oeuvre considérable.  En fait, trois cents hommes environ y étaient employés.  Les eaux de la Métabetchouane fournissaient la force motrice en même temps qu'elles servaient de voie fluviale pour le transport des billots. Il y avait aussi la voie ferrée du Grand Nord, construite en 1891, qui reliait Chicoutimi à Québec qui permettait d'expédier le bois dans tous les grands centres industriels.  Pendant une douzaine d'années la compagnie fit des affaires d'or (1903-1915). 

En 1903, un désastreux incendie réduit l'établissement en cendres.   On le reconstruisit et il opérera jusqu'en 1915, alors qu'un second incendie le détruira à nouveau; à sa place, la compagnie Price installera un écorceur qui préparera le bois de pulpe qu'on  chargera ensuite sur le train pour l'expédier au moulin de Kénogami en vue de le transformer en papier.  En 1919, un troisième incendie viendra encore une fois interrompre le travail.
Désormais et jusqu'en 1922, il n'y aura à cet endroit qu'un monte-billots qui placera directement sur le train le bois qui vient de la rivière.

Le dernier incendie faillit coûter la survivance au village. Malgré l'apparence d'un paradoxe, Desbiens doit son relèvement à sa chute La Martine, celle qui garantissait une force motrice considérable à qui l'exploiterait. Vers 1920, deux citoyens Adélard Tremblay et Eugène Gagné en contractèrent l'engagement. On entendit bientôt le vrombissement des turbines et le grincement des dynamos qui distribuèrent l'électricité jusqu'à St-Félicien. 
 

Document no 1 (novembre 2001)
Le 16 mars 1926, Mgr Michel-Thomas Labrecque 
écrit aux Rédemptoristes de Sainte-Anne-de-Beaupré: " Vous désirez un petit poste,  quelque part sur la ligne de chemin de fer, un peu central pour les missions que vous désirez donner dans le diocèse Saguenay et Lac-Saint-Jean.  J'ai pensé à vous donner le village ouvrier de Saint-Émilien. " L'été suivant, les autorités rédemptoristes nomment le père Marcellin Néron supérieur et curé à Desbiens. Le Saint-Siège avait donné son accord pour la formation d'une nouvelle paroisse, le 19 juillet 1926. Le 16 août suivant, Monsieur C.-J. Simard, secrétaire de la province de Québec détachait le territoire de Saint-Émilien de celui de Saint-Jérôme pour en faire une nouvelle municipalité. Desbiens comptait 620 citoyens, dont trois pères et deux frères rédemptoristes.