Construction de bâteaux à Métabetchouan

Texte tiré de…
Des fourrures pour le roi au poste de Métabetchouan, p. 189, Michelle Guitard

Les canots n'avaient pas disparu.  Les Amérindiens en fabriquaient encore et Skene leur en achetait pour voyager l'été et l'automne.  Mais d'autres embarcations, telles des barques et des chaloupes, étaient utilisées sur le lac.  La première fut construite par Dufresne à Métabetchouan en 1847.  En 1859, un navire à vapeur fut construit à Métabetchouan, non pour le commerce des fourrures mais pour le remorquage des billots vers la Grande Décharge.  Ses premiers départs au début de mai étaient inscrits au journal du poste.  Ce vapeur, nommé le Lac-Saint-Jean, fit son dernier voyage le 6 juillet 1867.  (N.B. : ce bateau avait été surnommé le Barbeau à cause de son aspect.)

Autre texte

La compagnie Price avait un établissement sur la rive ouest de l'embouchure de la rivière Métabetchouane depuis 1856.  Quelques employés avaient installé leur famille tout près de leur lieu de travail.   Parmi eux, il y avait Joseph Pruneau et Désiré Ouellet.   On y construisit un bateau à vapeur de 90 pieds de long mû par des roues à aubes sur ses côtés.  Il fut le premier bateau de ce genre à naviguer sur le lac.  Il fallait chauffer sa chaudière pendant deux heures avant que la pression ne devienne suffisante pour activer la machine. C’était un remorqueur destiné à touer les billots.  Son véritable nom était le Lac-Saint-Jean mais il fut plutôt connu sous le nom de Barbeau à cause de sa structure basse et de sa couleur.  Le Barbeau sombra à l’embouchure de la  Métabetchouane.  Son épave fut récupérée plus tard.

Construction navale à Métabetchouan

Extrait de…
Le Poste de Métabetchouan, Mgr Victor Tremblay, p 151

Une mention dans un article du journal Le National, à la date du 11 mars 1859, nous met sur la piste de ce fait.  «Demandez à M. Roy et à ses hommes, qui construisent un bateau à vapeur à Métabetchouan s'il fait bien chaud sur les lacs Kénogami et Saint-Jean dans la neige et l'eau glacée jusqu'aux genoux...»

Le M. Roy en cause ici est Charles Roy, qui construisit plusieurs goélettes et autres vaisseaux dans le Saguenay.  Il réussit à bâtir celui-là à un prix inférieur aux prévisions.

D'après les comptes des frais de construction, on voit que le salaire de Charles Roy commence au 8 novembre 1858.  Le navire aurait coûté, en matériaux de transport  ainsi qu'en nourriture pour les hommes, $1,572.55.  Les noms qui apparaissent dans les comptes, lesquels ne donnent pas ceux des ouvriers ni des portageurs, sont: Eusèbe Boudreault, Joseph Duchesne fils de Jacob, Baptiste Brassard, Alex McDonald et James Mooncy.  Ces deux derniers, qui étaient les entrepreneurs, ont demeuré là pendant 60 jours.  Ce sont les seules présences que révèlent les documents que nous possédons.

Un vieillard nous dit: «Le premier bateau sur le lac Saint-Jean, je l'ai vu bâtir sur le banc de sable de la rivière Métabetchouane. Le charpentier était Jérôme Saint-Onge, avec les Lafrance de la Pointe-Lévis.  Ce premier bateau on l'appelait le Barbeau  parce qu'il était laid. Il était noir.  Il marchait à la vapeur. Il a fait plusieurs années.  On l'a remplacé parce que trop vieux».

Les journaux ne nous apprennent rien sur la carrière de ce bateau, qui allait inaugurer la navigation à vapeur sur le lac Saint-Jean.  On sait par ailleurs que le vaisseau avait environ 90 pieds de longueur, était mû par une machine à balancier et des roues à aubes fixes placées à ses flancs, et que sa bouilloire était une simple marmite cylindrique qu'il fallait chauffer pendant deux heures pour obtenir une pression de vapeur suffisante pour actionner la machine.

On sait de plus qu'il était de structure basse: cette forme et sa couleur lui ont valu le nom populaire de Barbeau, alors que son nom véritable était Lac-Saint-Jean.  Remorqueur, il était destiné à touer les convois de billots sur le lac depuis les embouchures de rivières jusqu'à la tête de la Petite-Décharge.

Il a fini par sombrer près de l'embouchure de la rivière Métabetchouane. Sa carcasse est restée là quelque temps.