Passage du grand feu de 1870 à Saint-Cyriac

La paroisse de Saint-Cyriac n'a pas été épargnée du passage du grand feu de 1870.  D'après Mgr Victor Tremblay, tout a passé au feu, à l'exception de la maison d'Hippolyte Bouchard époux d'Adéline Simard à Lambert.  Hippolyte dans ce temps-là demeurait sur la pointe de sable, au bord du grand lac Kénogami et en face de la rivière Pikauba.  En voyant venir le feu, il aurait dit: "Sacré milieu! j'ai jamais cassé ma croix de tempérance; ma maison brûlera pas."

Par contre l'annuaire de Chicoutimi de 1945 parle de 4 maisons seulement incendiées dans la mission de Kénogami (Saint-Cyriac).  Le curé de Jonquière, desservant Saint-Cyriac, dans une lettre du 31 mai 1870, à l'Archevêque de Québec déclare: "Aucune église ou chapelle que je sache n'a brûlé."  Le manque d'informations nous empêche de donner des précisions.

On raconte que 4 enfants appartenant à Adolphe Girard, du lac Kénogami (Saint-Cyriac), ont rejoint à travers les flammes leurs parents occupés à travailler au nord du lac au moment de l'incendie.  Le plus âgé de ces enfants, une petite fille de 10 ans, raconte que les flammes se rangeaient de chaque côté d'eux pour les laisser passer.

En résumé, il faut avouer que les gens de Saint-Cyriac, comme ceux des autres paroisses touchées par cette catastrophe, ont été bien éprouvés par cette conflagration de 1870, par l'incendie de leurs maisons, bâtiments, forêts, nourriture, etc., ne leur laissant que leurs habits de travail de tous les jours, pour ne pas dire, de misérables haillons.

Mais Dieu, riche en miséricorde, eut certainement pitié de tous ces pauvres sinistrés, et dans sa divine Providence pour les nourrir, il rendit les lacs très poissonneux.  Et il est rapporté que les gens prenaient du poisson en grande quantité surtout avec leur libouret. De plus à l'automne de la même année, la récolte fut très abondante: le grain semé dans la cendre avait produit énormément.

Après ce grand incendie dévastateur, les habitants de Saint-Cyriac se sont aussi relevés avec peine et misère, mais avec une énergie persévérante et un grand courage. Ils ont semé dans la cendre à coups de pioche, refait leurs campes en bois noirci, rebâti leur chapelle, en un mot ils se sont relevés avec ardeur.  Et après quelques décennies, ils possédaient de modeste maisons, avec confort de l'aisance, paix, prospérité individuelle et commune.  Et comme le disait encore Mgr Victor Tremblay, dans la période de 1913 à 1924, Saint-Cyriac était la localité qui jouissait de la meilleure condition financière.