Histoire de la St-Raymond
(Archives de la paroisse de Desbiens)
Travail de recherche présenté par une étudiante au début des années '80

Les origines de la compagnie 

A. Histoire de la St-Raymond   (Photos)

À St-Raymond de Portneuf, un coquet patelin de 1,200 âmes situé aux abords de la rivière Ste-Anne, à une trentaine de milles au nord-ouest de la ville de Québec, il est d'usage courant de compter un, deux, trois membres d'une même famille travaillant pour le compte de la société St-Raymond Paper limited, et ce, depuis un demi-siècle." 

C'est en 1905 qu'a été constitué, à la chute Panet, l'une des plus vieilles usines en opération au Québec.  La St-Raymond Paper Company avait été formée l'année précédente mais, à cause d'un manque d'argent, son actif dut être liquidé après la construction de l'usine.  En 1909, la News Pulp and Paper Co. Ltd. fut incorporée pour faire l'acquisition des biens de la St-Raymond Paper et l'usine commença à produire.  La compagnie prit de l'expansion lorsque, en 1922, elle acquit les installations de la Métabetchouan Sulphite en projet amorcé de construction à St-André en 1920 par Adélard Tremblay et Eugène Gagné.  Ce moulin n'a jamais vraiment vu le jour puisque sa construction fut interrompue dès le  début.  C'est alors que Lady Alstor,  qui maria plus tard Bernard Hallward du Montréal Star, en acquit les actifs  et le en fit entreprendre la construction à Desbiens. 

Photos (construction)
Cette usine était la premièrere du genre à s'installer dans la région du Lac St-Jean, soit quatre ans avant la construction de l'usine Price d'Alma.  La News Pulp and Paper Co. en fera l’acquisition à son tour  en 1933.  Puis elle passera aux mains de la St-Raymond Paper & Power Co en 1935. 

La société actuelle St-Raymond Paper Ltd. fut incorporée, avec charte fédérale, en 1935 et fit l'acquisition de tout l'actif de la News Pulp and Paper Co. dont la charte fut abandonnée tout simplement. La compagnie prit le nom de la St-Raymond qui est celui de l'importante ville située seulement à quelques milles de l'usine de papier journal de la société dans Portneuf. 

B. Les liens qui unissent les deux compagnies

C'est le Montréal Star de Montréal, propriétaire de l'usine de papier journal à St-Raymond de Portneuf qui acheta l'usine de pâte chimique située à Desbiens.  Son but en achetant l'usine de Desbiens était d'alimenter en pâte chimique son usine de St-Raymond de Portneuf.  Le Montréal Star préféra la région du Lac St-Jean à celle de Portneuf pour trois raisons principales. 

1- L'usine pourrait disposer de la force hydraulique de la rivière Métabetchouane (chute La Martine) 

2- Le transport de la pâte chimique pouvait se faire  par  chemin de fer, la ligne passant à l'extrémité de l'usine. 

3- Les réserves forestières au Lac St-Jean sont abondantes 

La société St-Raymond Paper Ltd. a son siège social à Montréal, dans l'édifice de la Banque Canadienne Impériale de Commerce, au 1155 ouest Dorchester. Le président de la société est m. Villiam Clifford. (1983) 

2. Le procédé de fabrication

A. Origine de la fabrication du papier

L'augmentation de la consommation mondiale des pâtes et papiers, accentuée par la découverte de l'impression (Gutemberg) a posé des problèmes d'utilisation des matières premières.  Les chiffons, qui étaient utilisés au siècle dernier ne suffisaient plus à la demande.  Au XXe siècle, on commença à transformer des matières végétales, telles les plantes annuelles et particulièrement le bois. 
 

B. Procédé au sulfite et procédé Kraft: différence, avantages et inconvénients

Depuis le début du siècle, le procédé "sulfite acide" était la principale méthode utilisée pour la conversion des bois résineux (épinette et sapin)  en pâte.  Vers les années 1930, le procédé Kraft est entré en compétition sérieuse à cause de la qualité de ses pâtes, du développement d'un système de récupération et aussi parce qu'il était applicable à un plus grand nombre d'espèces de bois telles que les pins et les feuillus denses, généralement rejetés dans le procédé au sulfite-acide. 

La différence qui existe entre le procédé de la soude (sulfite) et le procédé Kraft réside dans la composition de la liqueur de cuisson.  Dans le premier cas, on utilise de la soude, alors que dans le deuxième (procédé Kraft), la liqueur contient essentiellement de la soude libre et du sulfure de sodium.  La couleur foncée des pâtes Kraft limite leurs usages en particulier à l'emballage mais, après blanchiment, le champ d'utilisation s'agrandit. 

C. Description du procédé de fabrication employé à l'usine de Desbiens

Si la fabrication de la pâte au bis-sulfite n'a guère changé avec les années, on a tout de même fait des transformations dans quelques secteurs à l'usine de Desbiens.  Par exemple, avant la fermeture de l'usine en 1972, la compagnie utilisait des billots de quatre pieds pour fabriquer la pâte.  A cet effet, trois énormes écorceurs  avaient été construits dans la cour arrière dans les débuts de la Cie.    (Au début, cette opération était faite à la main). C'est l'eau de la rivière Métabetchouane qui actionnait les écorceurs.  Les billes étaient insérées à l'intérieur des rouleaux qui étaient garnis, à l'intérieur, d'énormes couteaux qui écorçaient le bois.  Après la réouverture du moulin en 1973, on abandonna les écorceurs pour utiliser des copeaux pour fabriquer la pâte.  Ces derniers étaient transportés par camions  jusqu'à l'usine.  La compagnie épargnait de l'argent en utilisant ce produit. 

On plonge tout d'abord ces copeaux dans une solution communément appelée liqueur de cuisson.  Le soufre est utilisé pour chauffer les copeaux, pour les cuire à très forte pression. 

Avant de hausser la température de cette mixture à un degré permettant une réaction chimique rapide et la dissolution de la lignine, il importe de laisser tremper les copeaux jusqu'à ce qu'il soient pénétrés par la liqueur. 

Après quoi, la température est haussée et maintenue à un degré pouvant varier entre 135° et 170° C.  durant quelques heures.  Ces opérations se font pendant que les copeaux sont conservés dans les lessiveurs (digesters).  On peut en compter quatre à l'usine de Desbiens. 

Après la cuisson, la pâte est versée dans d'immenses réservoirs appelés communément "blue pit" où elle subit plusieurs opérations de lavage pour éliminer la liqueur résiduaire colorée et corrosive. 

Ensuite, elle est épurée à très faible consistance par un traitement par étapes successives, dans des épurateurs qui rejettent les particules solides colorées, compactes et lourdes et acceptent la pâte propre. Avec les déchets de la pâte on faisait des ballots de moins bonne qualité.  On transformait la pâte en papier journal ou encore en carton. 

La pâte qui est retenue est prête à être envoyée à la machine qui la met en feuille, la presse.  Ensuite on lui fait subir le séchage requis à plus de 180°C. pendant près de quatre heures. En sortant du séchoir, cette pâte dite "commerciale" est coupée et chargée sur des chaînes d'où elle est pesée et emballée. 
N'étant pas réutilisé à Desbiens, ce produit semi-fini est vendu aux moulins à papier du Canada, des Etats-Unis et en Europe.   Ajouté à la pâte mécanique, il sert à lier les différentes fibres afin de lui donner la résistance désirée. 

3. Les différentes étapes de la compagnie de Desbiens

A. L'évolution de la compagnie

En 1922, lorsque l'usine a été construite, elle avait une capacité de production de 50 tonnes par jour.  En 1937, l'usine St-Raymond de Desbiens fut agrandie pour donner un rendement total de 75 tonnes par jour.  On fit un nouvel agrandissement en 1946 et sa capacité atteignit 100 tonnes.  En 1965, la compagnie changea la base de sa liqueur de cuisson, ce qui permit de produire 130 tonnes de pâte chimique par jour,  comparativement à la division Chute Panet qui produisait 65 tonnes de pâte mécanique et 90 tonnes de pâte chimique quotidiennement.  À cette époque, le cinquième de la production de Desbiens est utilisée par la Saint-Raymond de Portneuf pour la fabrication de son papier journal.  Il est important de souligner que 93% des ventes étaient effectuées aux Etats-Unis et le reste, au Canada. 

En 1965 toujours, les concessions forestières de la société ont une superficie de quelques 700 milles carrés.  La division St-Raymond de Portneuf a une superficie de 237 miolles carrés dont les deux tiers ont été détruits par la tordeuse du bourgeon de l'épinette.  La division Desbiens a une superficie de 491 milles carrés qui comprend la section Métabetchouan de 160 milles carrés qui a été entièrement utilisée.  Étant donné que l'usine de Desbiens a un rôle initial secondaire et qu'elle dépend des besoins d'un autre moulin (Portneuf) relativement petit, on peu comprendre  pourquoi l'usine de Desbiens n’a pas grandi au rythme des entreprises du même genre au Québec.  Même si elles ont subi de légères transformations, les installations de la compagnie de Desbiens sont désuètes. 

Les gérants de l'usine qui ont dirigé la production dans la division de Desbiens ont été successivement: M. Miller (1922-1928), M. Villiam Ellis (1928-1945), M. Montizambert (1945-1951), M. Austin (1951-1969) et M. Victor Lachance qui occupe ce poste depuis 1969.  Aujourd'hui encore M. Lachance est en charge de l'usine même si celle-ci est fermée. 

B. L'incendie du tas de bûches en 1959  (Photos)          Récit par Edmond-Louis Simard

Dans l'évolution de la compagnie, on retrouve plusieurs phénomènes ou incidents qui auraient pu compromettre sérieusement l'avenir de l'usine et pis encore, l'avenir de la municipalité de Desbiens toute entière.  On retrouve entre autres, dans les évènements qui ont perturber la compagnie, l'incendie du tas de bûches en 1959. 

La plupart des gens de Desbiens se souviennent de l'incendie qui a ravagé le tas de bûches de l'usine de Desbiens 

Le 2 août, 59,000 cordes de bois furent consumées. Les centaines de villageois  évoquaient la tragédie de 1932 survenue à Port-Alfred (moulin de la Consolidated ) alors que le feu avait détruit 250,000 cordes de bois, causant des dommages de l’ordre de  $3,000,000 à l'époque. 

On estimait les pertes à plus de $780,000 le 4 août, deux jours après le début de l'incendie qui devait se poursuivre pendant plusieurs journées encore.  On craignait que le feu n'atteigne les 14 chars de souffre situés à quelques centaines de pieds de l'amas de bois incendié.  Il fallait également que les sapeurs pompiers et les pompiers volontaires évitent que le feu ne se communique à une autre pile de bois placée tout pris du foyer de l'incendie. Ils ont donc pratiqué une tranchée entre les deux tas de bûches, pour éviter la conflagration.  À un certain moment on a craint pour le moulin et pour la survie du village qui pouvait aussi y passer si le vent changeait de direction.  Heureusement l'incendie a été maîtrisé et l'usine de Desbiens a pu reprendre sa production dans un délai assez bref. 

C. Fermeture de l'usine en 1972

Le 2 juin 1972, on assistait à la fermeture temporaire de l'usine St-Raymond de Desbiens. Les ouvriers gardaient espoir.  Au début surtout, on espérait que les dirigeants de la compagnie et les deux paliers du gouvernement trouveraient des solutions financières pour sortir l'usine de l'impasse où elle se trouvait. 

Depuis quelques années, la situation financière de l'usine commençait à se détériorer tranquillement et ce, pour plusieurs raisons comme nous le verrons plus loin. Par exemple, en 1966, l'usine employait 188 hommes à sa production.  En 1971, il n'en restait plus qu'une centaine environ. En 1970, 125 travailleurs forestiers amenaient du bois à l'usine. En 1971, aucun.  On écoule le tas de bois pour utiliser des copeaux. 

Selon M.Clifford, président de la compagnie,  la fermeture de l'usine de Desbiens aurait été occasionnée par un surplus d'inventaire donc un manque de contrat pour écouler la marchandise accumuler.   Dans un même temps, le ministre des Terres et Forêts, M.Kervin Drummond à l'époque, affirme que son ministère n'avait pas été mis au courant de la fermeture éventuelle de l'usine.  Pourtant, selon diverses personnes, ce phénomène était prévisible depuis déjà quelques mois pour ne pas dire quelques années.  En fait, il accuse la compagnie de n'avoir pratiquement rien fait pour développer ou améliorer les installations de l'usine.  Il ajoute que les dirigeants de St-Raymond Paper n'étaient pas de bons administrateurs.  Sur ce point M. le curé Georges Boisjoli est du même avis que M. Drummond.  Tandis que le porte-parole de la C.S.N., le conseiller technique M.Jean-Marie Ouellet, assurait l'appui de son mouvement à la cause des travailleurs de Desbiens,  il s'est tout de même permis un examen de conscience concernant les responsabilités des différents acteurs concernés d'ans la fermeture de l'usine: 

« La situation que nous connaissons aujourd'hui provient d'une part de la réaction de votre syndicat dans l’opération OSUPA (Opération Survie Papier) parce qu'on ne croyait pas à la fermeture de l'usine à ce moment-là.  D'autre part, la compagnie possède sa part de responsabilités puisqu'elle songeait davantage à exporter les profits qu'à réinvestir lorsque tout fonctionnait rondement.  Le système est également responsable puisqu'il ne cesse de créer des assistés sociaux et des chômeurs. » (Le Soleil, 21 mars 1972) 
 

Pendant la fermeture du moulin, les ouvriers et les habitants firent plusieurs manifestations publiques pour sensibiliser les deux gouvernements et la population en générale sur la situation précaire de leur municipalité.  À un moment donné, le gouvernement fédéral et les membres du reclassement des employés ont même suggéré aux travailleurs de cette entreprise de déployer toute leur énergie pour se trouver du travail à l'extérieur de Desbiens.  Donc, tout espoir était presque anéanti par ces déclarations.  C'était l'opération Village Fantôme 2 qui était lancée.  La place que la compagnie occupait dans la municipalité était si importante que la fermeture de celle-ci entraînerait la fin de la vie économique de Desbiens pour ne pas dire la fin de la municipalité tout simplement. 

Réouverture

Le 19 février 1973, on assistait à la réouverture de l'usine St-Raymond de Desbiens.  Les éléments qui ont occasionnés cette réouverture seraient entre autres l'augmentation du marché des pâtes et papier qui avait baissé à cause de la chute de certaines industries aux E.-U.  En fait, le prix de la tonne est passé de $90. en 1972 à $140 lors de la réouverture.  La subvention de $ l,500,000 accordée par le gouvernement provincial par l'entremise du ministre de l'industrie et du commerce, M. Roger Pilote, a également permis à la compagnie de reprendre la production.  En prévision de la réouverture, la compagnie a pris des mesures pour mécaniser l'arrivée et le déchargement des copeaux, car désormais, l'usine serait entièrement alimentée de cette façon.  La réouverture de l'usine à été retardée parce qu'on ne trouvait justement pas de copeaux dans la région, étant donné que toutes les usines de sciage avait déjà contracté avec des papetières de la région ou de l'extérieur.  La compagnie avait besoin d'un minimum de 85,000 tonnes de copeaux annuellement.  L'utilisation de copeaux permettait à la compagnie de faire une économie de deux ou trois dollars la corde.  Ce sont les usines de sciage de St-Félicien et de Roberval qui pourvoiront le moulin de Desbiens à compter de 1975. 

D. L'incendie de 1974 et la réouverture du moulin  (Photos)       Récit par Edmond-louis Simard

Mercredi le 26 juin, un incendie s'est déclaré à l'usine de Desbiens, les bâtiments étaient presque complètement rasés.  Dès le lendemain, un comité formé de travailleurs est mis sur pied pour reconstruire l'usine.  On entrevit la construction d'un édifice plus moderne qui répondrait plus adéquatement aux besoins de l'heure. 

Les principaux changements techniques ont été faits au département du lavage, qui sera désormais tout automatisé.   Dans les autres sections, on fait des révisions afin de hausser le volume de production de 10 à 12% et ce, dès la reprise des activités. 

Il n'a jamais été question de fermer l'usine après la tragédie parce que la fabrique de Desbiens alimentait l'autre usine de la compagnie à Portneuf.  Cette dernière s'occupe de fabriquer le produit fini à partir de la pâte non-blanchie fabriquée à Desbiens.  En fait cette source d'approvisionnement est si importante pour l'usine de Portneuf que l'on a dû pendant la durée des travaux de reconstruction, produire quand même 500 tonnes de pâte pour satisfaire un besoin pressant de cette usine.  Ces 500 tonnes de pâte ont été très coûteuses  à fabriquer, dans des conditions de fortune, sans même un toit pour se protéger des intempéries, précise M. Victor Lachance gérant de l’usine de Desbiens.   L'usine continuera normalement sa production jusqu'en 1981, date fatidique pour Desbiens. 

E. Fermeture de l'usine en 1981   (Photos)

Le 4 décembre 1981, l'usine de Desbiens fermait à nouveau ses portes à cause de l'instabilité économique du marché.  La pâte chimique ne se vendait presque plus; en produisant 100 tonnes par jour, la compagnie se trouvait à posséder 10% du marché, ce qui est énorme. Selon MM. Fernand Gagnon et M. Albert Sasseville , ce n'est pas l'unique raison qui expliquerait la fermeture du moulin.  Selon eux, il y en aurait plusieurs qui ne sont surtout pas à dédaigner quand on fait l'analyse de la situation.  Comme en 1972 lors de la première fermeture, on blâme encore une fois les administrateurs de la compagnie (siège social).  Les ouvriers déplorent le fait que les usines de Desbiens et Portneuf soient contrôlées par des gens de Montréal. 

Après l'incendie de 1974, l'usine n'a jamais été capable de produire au-dessus de 110 tonnes de pâte chimique par jour, même  si on avait prévu augmenter la production. Tandis qu'avant les réparations on atteignait 130 tonnes uotidiennement.  Les réparations qu'ils ont faites après l’incendie de 1974 auraient entraîné la catastrophe.   Pour expliquer ce phénomène, il faut parler de la récupération qu'on faisait avec un certain liquide rouge qui était utilisé pour le nettoyage des copeaux.  Selon M. Fernand Gagnon, «ce n'était pas une bonne économie puisqu'on lavait les copeaux avec un liquide qui était déjà sale.  C'est la même chose pour le système de lavage.  Avant la fermeture ou la catastrophe de 1974, les copeaux étaient lavés pendant environ deux heures et demie ; après les transformations qui sont survenues à la suite de l'incendie, ça ne prenait que soixante secondes pour nettoyer les copeaux: on ne peut pas dire que les copeaux étaient aussi propres qu'avant.  En plus, ça arrivait très souvent que la machinerie brisait et c'était très dispendieux de la réparer. »

Les travailleurs de l'usine ne sont pas responsables de la fermeture du moulin. Même les dirigeants de la compagnie n'ont jamais blâmé les ouvriers puisqu'ils ont toujours fait tout ce qu'il était possible pour conserver leur industrie. 

F. Le syndicat hier et aujourd'hui: son rôle, ses revendications

C’est après une longue année d'attente que le 28 février l938 le Syndicat de la Pulpe et du Papier de Desbiens était fondé.  M. Ernest Basque fut le principal initiateur de ce projet et devint par la suite le président fondateur protégeant les intérêts des travailleurs à la St-Raymond Paper. 

Les efforts déployés par le syndicat font référence à toutes les intempéries qu'a subit l'usine de Desbiens depuis 1938 jusqu'à nos jours.  Pour un moulin de cette envergure, il fallait se défendre de plusieurs côtés à la fois.  Ce qu'on appelait des détails chez  Price, la Donohue ou la "Console" devenaient de véritables problèmes quand on les  retrouvait à Desbiens.  Donc les membres du conseil syndical et les travailleurs affiliés ont toujours eu à lutter contre les grosses entreprises concurrentes et contre les dirigeants de leur compagnie qui ont leur siège social à Montréal.  Ils devaient fonctionner avec des installations de plus en plus désuètes et combattre un marché de pâte bi-sulfite en décrépitude. 

Donc ce sont tous ces phénomènes qui ont occasionné plusieurs interventions du syndicat appuyées par les travailleurs du moulin et par la population de Desbiens. 

Depuis le 4 décembre 1981, l'usine de Desbiens est fermée.   Les démarches qui ont été effectuées jusqu'à maintenant par le syndicat et la population de Desbiens  n'ont encore donné aucun résultat positif. Les représentants gouvernementaux paient des firmes d'ingénieurs pour faire des expertises permettant d'examiner toutes les possibilités pour réouvrir le moulin sans qu'il n'en coûte trop aux gouvernements; mais ces études n'ont rien donné également aux travailleurs de Desbiens.  Cette impasse ne semble pas vouloir se terminer.