La fermeture du poste

Extrait tiré de...
Des fourrures pour le roi au poste de Métabetchouan,  Michelle Guitard  p. 193, 194
 

La clientèle du poste de traite avait tant changé dans les années 1870 que la plus grande partie des marchandises ne servait plus à obtenir des fourrures.  Celles-ci diminuaient tellement que le poste essuyait des pertes.  Ainsi, dans l'outfit de 1878 on estimait à 931,24 $ les fourrures reçues alors que l'inventaire des marchandises valait 4 380,35 $.   La perte était évaluée à 2 975,44 $.  Le nombre des fourrures indiqué dans ce bilan a tellement diminué par rapport à 1874 que nous doutons qu'il soit exhaustif.   Mais, ce sont là les seules données disponibles présentement et elles illustrent clairement le transfert des affaires de la Compagnie à Pointe-Bleue alors qu'elles venaient d'être transférées à Métabetchouan.
 

             État des fourrrures reçues en 1878
       10 ours noirs                             11 lynx
     183 castors                                  63 martres
       27 lb castorum                           41 visons
       37 hermines                          1 174 rats musqués 
         2 pékans                                   21 loutres
          1 renard 
 

La présence et l'augmentation des colons entraînaient nécessairement la création de tout un système d'organisation sociale.  La délimitation des terrains privés suivit les tracés routiers.  Des responsabilités sociales furent assumées et des lois, appliquées.  Ainsi une loi de 1878 obligea la Compagnie de la Baie d'Hudson à obtenir un permis "pour vendre ou tenir en vente de la poudre, en quantité moins que vingt-cinq en une seule et même fois, dans une maison (ou bâtisse)".  Cette loi exigeait que toute construction où devait être emmagasinée la poudre, si sa quantité excédait vingt-cinq livres, soit considérée comme une poudrière et que cette bâtisse porte une enseigne avec la mention: "licencié pour vendre de la poudre".  Voilà la première allusion à l'existence d'une poudrière. Elle existait peut-être depuis peu puisqu'elle est sur le plan de Du Tremblay en 1874. Mais nous doutons qu'elle ait été établie du temps de la Compagnie du Nord-Ouest.

L'ancien adversaire de la Compagnie de la Baie d'Hudson, Price & Sons, était devenu non seulement un bon client, mais le traiteur en chef s'était même entendu avec son agent, Robert Blair, à la Baie des Ha! Ha!, pour entreposer la marchandise de la Compagnie à son arrivée dans ce port après l'abandon de la maison de Chicoutimi en 1876.

Le séjour de Flanagan à Métabetchouan fut de courte durée. Trois ans plus tard, il reçut l'ordre de quitter ce poste pour s'établir à Pointe-Bleue.  Il attendit au printemps de 1880 pour fermer le poste, qui ne fut jamais plus utilisé pour le commerce des fourrures.  Du moins pour la traite de celles-ci, car il doit bien y avoir eu sur les lieux par la suite quelque commerçant qui a vendu des chapeaux et des manteaux de castor, de vison, de rat musqué ou de chat sauvage!