Les pompiers de toute la région continuent une lutte farouche

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(Le Progrès du Saguenay, lundi, 3 août 1959)


 DESBIENS 
             La population de la municipalité de Desbiens a vécu une nuit d'anxiété se demandant si l'incendie qui faisait rage sur les réserves de bois de la St-Raymond Paper allait se communiquer aux maisons du village. Environ 500 hommes ont lutté toute la nuit pour maîtriser l'élément   qui fait rage depuis 3 :43h hier après-midi.

             Près de 16,000 cordes de bois ont été dévastées et les dommages sont évalués à $350,000 environ. Un tas de billots contenant 10,000 cordes de bois a pu être épargné grâce au beau travail des sapeurs.

             L'incendie a pris naissance dans un tas de billots d'environ 75 pieds de hauteur, couvrant une superficie de 500 pieds carrés.  Il y a trois semaines environ les flammes avaient pris naissance dans la cabane abritant les moteurs des convoyeurs. Les flammes avaient été maîtrisées.  Mais certains croient que des étincelles auraient pu se loger à l'intérieur du tas, allumant un incendie qui ne se serait révélé qu' hier à la surface.

Aussitôt l'alerte donnée dans le village et tout autour du lac, des pompiers et volontaires accoururent de toutes les municipalités avoisinantes. Vers 6 :30h hier, on demandait à tous les résidents de Desbiens  de prêter main forte pour maîtriser l'incendie.
 

Le vent jouait du bon côté


(Le Progrès du Saguenay, lundi, 3 août 1959)


            Si le vent eut fait des siennes, l'incendie aurait peut-être tourné en conflagration.  Le moulin, situé à l'arrière du village en direction de St-André, n'est qu'à cinq arpents du village, et des maisons sont construites à proximité.

           Le vent soufflait du nord-est, hier après-midi.  Mais hier soir, un changement de direction ne fut pas sans causer quelques craintes aux résidents du village.  Plusieurs ne se sont pas couchés de la nuit, surveillant l'incendie.

           Hier soir, des pompiers de Desbiens, St-Jérôme, St-Gédéon, Roberval, Alma et St-Félicien, travaillaient sur les lieux.  Les  pompiers de St-Félicien ont été affectés à la protection du village seulement.   Pour lutter contre les flammes, les hommes disposaient d'environ 25 boyaux  installés à même les pompes du moulin de pâte à papier.  Les chefs de pompiers des différentes localités conduisaient  les hommes, sous la direction des autorités de l'usine.

           Les hommes ont fourni une lutte exténuante, ne prenant pas de repos de toute la nuit. Tard hier soir, les travailleurs bénévoles avaient réussi à isoler par une tranchée le tas en flammes du tas voisin.  Entre temps, un chemin fut déblayé en direction de la rivière pour l'approvisionnement d'eau au cas où les pompes auraient fait défaut.

           Pendant ce temps, la population regardait avec angoisse l'incendie d'où se dégageait une fumée opaque.  De toutes les municipalités du tour du lac, les curieux accouraient vers les lieux, et la circulation dut être interrompue.
 

 

Tous ont collaboré
(Le Progrès du Saguenay, lundi, 3 août 1959)


          Quand l’alerte fut donnée hier après-midi, la majeure partie de la population
du village  se trouvait à la plage pour la fête champêtre.  Il va sans dire que la fête cessa rapidement et le souper préparé fut distribué aux  pompiers.  Jusqu'à minuit hier le ravitaillement fut assuré par les artisans. A minuit,  les fermières et les Dames de Ste-Anne prirent la relève pour secourir les travailleurs.

          Les flammes font encore rage ce matin, mais apparemment l'incendie serait sous contrôle et aucune habitation n'aurait été touchée. On a craint à un certain moment que l'incendie ne signifie la fin des opérations à l'usine, mais M. Victor Martel, (ici le journaliste du Progrès du Saguenay a probablement fait une erreur ; il s’agirait peut-être de Victor Lachance) assistant-surintendant, a nié la rumeur.  Les réserves de bois seraient suffisantes pour faire marcher l'usine pendant assez longtemps.

          L'usine qui fonctionnait déjà au ralenti employait environ 150 hommes, et ceux-ci ont également travaillé avec acharnement pour éviter des pertes plus lourdes.
 

Grandes responsabilités


(Le Progrès du Saguenay, mardi, 4 août 1959)


           On peut dire que c'est la première fois qu'un chef de police de cette municipalité assume de si lourdes responsabilités, puisqu'il dirige actuellement plus de 20 casernes qui ont répondu à l'appel de détresse. Au delà de 250 pompiers volontaires suivent les assignations du chef des pompiers de Desbiens M. Lucien Verreault.

           Tout autour du feu sont installées des pompes qui aspirent des milliers de gallons d'eau à la minute. Plus de 35 boyaux sont installés en direction du brasier, qui souvent, renvoie l'eau en vapeur dans les airs.

            Un peu partout sur les terrains de la St-Raymond Paper, on voyait les pompes de on voyait les pompes de Jonquière, La Dorée, Dolbeau, St-Félicien, Alma, Hébertville-Station, Hébertville, Arvida, Roberval St-Jérôme, Mont Apica, Kénogami, Port-Alfred, Bagotville, Re C.A.R.C., Chicoutimi, Kénogami (Price), Riverbend (Price), St-André, Lac Bouchette, et Naudville.

            Selon le chef Verreault, c'est la première fois que l'on voit autant de forces réunies pour combattre un incendie.  Il a fait remarquer que plusieurs pompiers ont travaillé plus de 30 heures sans dormir, mais tous travaillent courageusement à maîtriser les flammes, et sauver le pain quotidien des familles de Desbiens.
 

Tous les mouvements collaborent
(Le Progrès du Saguenay, mardi, 4 août 1959)


           L'appel lancé par le maire de Desbiens, M. Eugène Audet, et de M. H. P. Austin dimanche dernier n'est pas resté sans réponse, puisque de tous les coins de la région, des mouvements d'entre-aide ne sont organisés de partout.

          La police de la route sous les ordres du constable J. E. Girard, s'est occupée de diriger la circulation, afin d'éviter tout embouteillage qui aurait pû nuire au travail des pompiers.  Ce dernier nous affirmait que tous se sont montrés très collaborateurs en suivant les ordres qui leur étaient donnés.

          La police provinciale est toujours sur les lieux de l'incendie, alors que les ambulanciers de l'association Ambulance St-Jean a dépêché quelques hommes qui sont continuellement aux aguets et qui donnent les premiers soins. Heureusement aucun aieccident d'importance n'a été signalé.

          Le service de cantine est tenu par les dames de Ste-Anne et, les fermières de Desbiens.
 

Le maire Audet
(Le Progrès du Saguenay, mardi, 4 août 1959)


            Le maire de la municipalité de Desbiens nous a déclaré qu'il souhaitait de tout coeur, que les sapeurs réussissent à maîtriser les flammes, car il est possible qu'advenant un désastre le village ne devienne un autre village-fantôme comme Val-Jalbert. 

           "Je suis maire de cette municipalité depuis 4 ans, et c'es tla première fois qu'une telle calamité frappe notre brave population. Notre situation financière était très bonne, puisque notre évaluation était de $1,400,000 dont $ 360,000 pour le moulin, ce qui nous permettait de nous financer aisément."

           Le premier magistrat a fait remarquer en terminant que si…  (texte incomplet)

(suite)
           L'oeuvre destructrice  du feu a réduit d'environ 50 pieds la hauteur du premier amas qui était d'environ 120 pieds. Les représentants de la compagnie évaluent pour l'instant les pertes à environ $700,000.

           Il est possible que même maîtrisé, l'incendie continuera de couver durant plusieurs jours. On considère actuellement le village hors de danger.  Mais, advenant un violent vent, il n'y a aucun doute que l'usine et le village seraient dans une situation sérieuse.

           Les 19 brigades et une  quarantaine de boyaux continuent à déverser des tonnes d'eau sur le foyer de l'incendie.
 

A Desbiens
(5 août 1959, Le Progrès du Saguenay)
           L'incendie du bois de pulpe à Desbiens, sur les bords du lac St-ean, aurait couvé au coeur de cette montagne de bois depuis deux semaines avant d'éclater ouvertement dimanche dernier.

           Des témoins oculaires ont dit que la pile de bois "a fait éruption comme un volcan" et que la chaleur "était insupportable même à plusieurs centaines de pieds de distance". Sept pompiers ont subi des blessures légères.

           Un porte-parole de la St-Raymond Paper Incorporated a dit que le feu brûlerait encore pour huit jours environ, malgré les tonnes d'eau que l'on déverse dessus.

          La pile de bois qui brûle hors de contrôle a été évaluée à $700,000. Les pompiers ont concentré leurs efforts pour sauver une pile plus petite tout près, évaluée à $500,000.

          Des étincelles provenant de la pile de bois en flammes menacent de mettre le feu aux maisons avoisinantes et aux approvisionnements de soufre du moulin. On maintient une surveillance de tous les instants.
 

A Desbiens             (Le Progrès du Saguenay, mercredi, 5 août 1959)
La populationencore sur le qui-vive
Le danger persiste
Exemple d'entre-aide

(Par Guy GAGNE)

La population du petite village de Desbiens-Mills demeure encore sur la qui-vive alors que les 35,000 cordes de bois de pulpe sont toujours la proie des flammes.
Depuis déjà trois nuits, la population veille autour du feu, surveillant le vent et la direction des flammes. Dans la nuit, on peut apercevoir une immense montagne de braise, jetant une chaleur torride à des centaines de pieds.

Les autorités de la compagnie n'ont pas voulu admettre que l'incendie était sous contrôle, étant donné que le moindre changement de vent peut être catastrophique, et pour la moulin et pour la village. Actuellement et depuis dimanche la population se rend par groupe paroissiale pour y adresser des supplications au Seigneur, de sauver le village de la destruction complète.

Au dire de certains représentants de la Saint-raymond Paper, le feu a été l'occasion de mesurer la grandeur de la chaleur et la coopération immense entre les villes de notre région, qui sont toutes représentées par une partie de leur brigade.

Le maire de l'endroit, M. Eugène Audet a passé une partie de la journée d’hier, de même qu'une grande partie de la nuit à encourager ses concitoyens et les nombreux volontaires qui sont venus combattre l'élément destructeur. 
 

                                                                (Le Progrès du Saguenay, mercredi, 5 août 1959)
 

On craint  pour le village

Au cours de la nuit de lundi à mardi, vers quatre heures du matin, la situation est devenue subitement critique, alors que le vent qui soufflait nord-est, est devenu du côté sud, menaçant ainsi la deuxième pile de bois de pulpe.

 A ce moment, plusieurs personnes montèrent sur le toit des maisons, se servant de hoses à jardin, afin de mouiller les maisons, et diminuer tant peu le danger qui menaçait soudainement le village. Pendant ce temps, les rues étaient pratiquement  bondées d'automobiles, rendant la situation plus critique, advenant le besoin d'évacuer le village.

Devant cette situation vraiment critique, les autorités du moulin se préparèrent activement à toutes les mesures nécessaires qui s’imposaient.  On a parlé à un certain temps, de dynamiter le moulin à la partie la plus exposée au feu.

                                                                  (Le Progrès du Saguenay, mercredi, 5 août 1959)

 

Les pères sont là !

La population de la paroisse de Desbiens a une grande confiance en la puissante intercession des pères Rédemptoristes qui administrent la paroissse.  Depuis dimanche les fidèles ont répondu à la demande du curé, le R. P.  G. Lassonde et se rendent régulièrement à l'église, afin d'implorer la Providence de surveiller le village.

Les père Rédemptoristes sont sur lies lieux du sinistre et secondent le travail des sapeurs en les encourageant, parlant et riant avec eux.  Plusieurs ont même enlevé leur soutane et sont montés sur les montagnes de bûches, afin de permettre aux sapeurs de pouvoir se reposer.

                                                (Le Progrès du Saguenay, mercredi, 5 août 1959)

 


 
La situation demeure inchangée à Desbiens

La situation demeure inchangée ce matin à Desbiens. Le premier tas de bûches continue de se consumer tandis que les sapeurs demeurent en alerte pour sauver le second.  La température n'a rien changé. Il y eut quelques averses mais trop minimes pour apporter quelque répit aux travailleurs. La chaleur du brasier était tellement intense qu'on ne pouvait s'en approcher qu'à quelques centaines de pieds. Toute la nuit, on pouvait distinguer, des paroisses situées autour du Lac St-Jean, des lueurs qui montaient dans le ciel et qui pouvaient être aperçues à 35 milles de distance.

                                                   (Le Progrès du Saguenay, mercredi, 5 août 1959
 

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