Le grand feu de 1870

Cétait en mai 1870, après un printemps sec et sans peu de pluie; les colons du lac St-Jean avaient même profité d'une température clémente pour faire leurs semailles et tout s'annonçait bien, comme le déclare Mgr Victor Tremblay, dans son livre Histoire du Saguenay. Quand tout à coup, après une pluie de soufre tombée la veille, voici que le 19 mai, vers 11 heures du matin, une fumée épaisse s'élève dans le ciel. Un feu d'abattis, sur la terre des Savards à la rivière à l'Ours (St-Félicien), soulevé par un vent furieux et violent de l'ouest, se communique bientôt aux autres défrichés et à la forêt même. En moins d'une demi-heure, tout l'ouest du Lac-St-Jean est en flammes. "Le feu, disent les anciens, descendait à la vitesse du galop d'un cheval:" Un ancien de Saint-Félicien (Joseph Pilote) disait: "Le feu courait les maisons puis le chemin; c'était comme un enfer". Il y avait du feu partout. Au bout de quelques heures (trois heures), tout le territoire, de Saint-Félicien à la Grande-Baie, en passant par Chicoutimi, n'était qu'un immense brasier, un océan de feu.